Monsieur le Maire, mes chers collègues,
La Maison de quartier Godeleine Petit, véritable poumon social de notre quartier historique, fait face à une crise de gouvernance et financière d’une ampleur qui nous préoccupe toutes et tous.
Le constat est lourd : départ de la présidence, de la direction et d’une grande partie du conseil d’administration, un déficit de quasiment un demi million d’euros et, par voie de conséquence, une mise en redressement judiciaire.
Nous parlons d’une structure qui gère un budget de 4 millions d’euros et emploie plus de 80 salarié·es. Si nous saluons la volonté de la Ville de maintenir les services essentiels (crèche, périscolaire, accueil collectif de jeunes) pour assurer les besoins quotidiens des familles, nous ne pouvons ignorer la manière dont la structure s’est mis en danger.
La question que tout le monde se pose est la suivante : « Comment a-t-on pu en arriver là ? » Nous entendons bien les arguments de prudence. Nous savons que l’instruction est en cours et qu’une administratrice judiciaire travaille à la lumière de ces comptes. Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt des individus de manière prématurée, mais de s’interroger sur la défaillance des mécanismes de suivi et de contrôle.
Cette crise doit nous servir de jurisprudence. Pour garantir la pérennité de cet équipement et protéger les 13 autres centres sociaux de notre ville, nous renforcer le suivi sur ces points :
- Sur le volet financier : Comment un tel déficit a-t-il pu se creuser sans qu’une alerte rouge ne soit déclenchée plus tôt par les services de contrôle de gestion de la Ville ou les partenaires financeurs ?
- Sur l’accompagnement des bénévoles : La gouvernance associative est exigeante. Quels outils de soutien et de formation comptable comptons-nous mettre en place ou renforcer pour ne plus laisser des administratrices et administrateurs bénévoles seul·es face à de telles responsabilités ?
- Sur la transparence future : Quelles nouvelles modalités de travail et de reporting financier la Ville compte-t-elle mettre en place avec les 14 centres sociaux pour assurer une transparence totale et partagée ?
Le centre social du Vieux Lille est essentiel pour les Lilloises et les Lillois. Nous resterons donc vigilants quant au devenir et à la protection des salariés et aux rétablissements des activités du centre. Il en va de la solidité de notre modèle de démocratie participative et sociale dans nos quartiers.
Je vous remercie.