Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Je prends la parole pour présenter le vœu déposé par le groupe Lille Verte concernant la dégradation alarmante de la liaison ferroviaire entre Lille et Bruxelles.
Lille se rêve en carrefour de l’Europe. Mais comment prétendre sérieusement à ce rôle si, en 2026, il devient impossible de rentrer de la capitale européenne après 18h ?
La situation n’est plus seulement inconfortable, elle est devenue absurde. En dix ans, nous sommes passés de quatre trains directs après 18h à zéro en 2026 entre Bruxelles et Lille.
pour vous présenter un exemple personnel, cela signifie à présent, pour moi de devoir, si je souhaite rentrer sur Lille une partie de la semaine, quitter le parlement à 17h15 au plus tard. C’est incompatible avec les métiers de service, le commerce ou les institutions.
On demande à ces usagers plus de 285 euros par mois, auxquels s’ajoutent 3 euros par réservation, pour un service qui se réduit comme peau de chagrin.
Aucun train vers Bruxelles entre 7h04 et 9h10 le matin, un « trou noir » entre 17h44 et 20h22, puis une concentration absurde de quatre trains en une heure en fin de soirée.
C’est pour cela que les usagers se sont regroupés au sein de l’ANLB (Association des navetteurs Lille-Bruxelles) et représente 400 navetteuses et navetteurs dont l’équilibre de vie est mis à mal.
Il y a une dichotomie territoriale que nous devons dénoncer. D’un côté, la Métropole Européenne de Lille (MEL) investit et communique pour attirer des institutions internationales. De l’autre, les opérateurs historiques (SNCF, SNCB) et Eurostar traitent la liaison Lille-Bruxelles comme une variable d’ajustement. On supprime l’accès aux Eurostar « bleus », on supprime l’arrêt des Eurostar « rouges » (ex-Thalys), on ferme le salon Grands Voyageurs à Lille Europe… On déclasse Lille. On en fait une simple étape technique sur la route de Londres ou de Paris, au lieu d’en faire le pivot transfrontalier qu’elle doit être.
Nous demandons donc le rétablissement immédiat d’au moins deux liaisons directes après 18h, l’ouverture d’un dialogue institutionnel entre la Ville, la MEL, la Région et le groupement SNCF/SNCB/Eurostar. A termes, une remise à plat de la grille horaire devra être effectuée pour correspondre aux horaires de bureaux.
Vivre à Lille et travailler à Bruxelles ne doit pas être un parcours du combattant ou de la combattante, mais une opportunité de rayonnement pour notre ville. De plus, cette nécessité est aussi une question d’urgence climatique et d’emprunte carbone. Comment convaincre les usagères et usagers de prendre le train plutôt que la voiture si l’offre ne fait que de se réduire ?
Je vous invite donc, mes chers collègues, à voter massivement ce vœu pour interpeller l’État et les opérateurs ferroviaires.