Etendre l’obligation réelle environnementale

Chers collègues,

Evidemment cette intervention ne va en aucun cas tenter de disqualifier un dispositif dont la vocation est d’établir une protection forte et inaliénable en faveur des écosystèmes et de la biodiversité. Ces mesures de protection sont insuffisantes, il faut les développer.

Nous nous interrogeons néanmoins sur son périmètre, ou plutôt ses trois périmètres, ces ilôts dont nous ne connaissons pas exactement la taille ni ce qu’ils recouvrent sur les 8 hectares concernés par le projet, qui reste, rappelons-le, un projet de construction sur une friche. Une friche qui, comme d’autres, rassemble donc de nombreuses espèces et des habitats dignes d’être protégés. 

Or ces Obligations Réelles Environnementales ne visent pas tant à protéger durablement le nouveau parc Rosa Bonheur, pourtant très apprécié, mais des ilôts au sein de parcelles qui abriteront une vingtaine d’immeubles.

Nous nous abstiendrons nc sur cette délibération – en appelant, toutefois, à poursuivre la réflexion pour étendre ces dispositifs de protection.

Mais nous ne pourrions intervenir sur ces ORE sans aborder le plus grand projet des Rives de la Haute Deûle et ses 100 ha confié à la SORELI. En matière d’espaces verts et de biodiversité, il comprend à l’Est, du côté d’Euratechnologies, un jardin de pas tout à fait 1,5 ha, et au dessus un parc en bande de 6500 m2. Avec le parc Rosa Bonheur, c’est un peu plus de 4 hectares de jardin : 

– soit un secteur toujours carencé, où les 10 m2 de nature par habitant ne sont pas atteints,

– un secteur où l’on a déjà construit nombre de m2 tertiaires en attente de locataires, qui peinent à être commercialisés, ainsi que 860 logements, 

– et enfin un secteur qui doit encore accueillir une vingtaine d’immeubles de 5 étages qui entoureront le parc, 600 logements qui devront cohabiter avec ces futurs espaces protégés.

Sur ce secteur de projet que sont les Rives de la Haute Deûle, l’accès à la nature et cette carence, ce déficit, restent un enjeu crucial. 

Ce déficit, plus personne ne l’ignore, est la cause d’une qualité de vie moins bonne qu’ailleurs, d’impacts sur la santé qui contribuent à renforcer les inégalités sociales et environnementales avec les autres facteurs comme la pollution de l’air qui doivent être considérés sérieusement avant tout projet urbain. L’enjeu est de pouvoir garantir aux habitants, qu’ils soient actuels ou futurs, un même droit à la santé. C’est ce principe qui nous guide, qui guide de plus en plus de lillois.

Non, nous n’opposons pas logement et nature, mais quand il est question d’urbanisme, nous défendons un triple engagement logement, nature, et santé.

Malheureusement, au cours de ces six années, que ce soit en commission ou en conseil, il n’a pas été possible de débattre véritablement de ces enjeux de santé et de qualité de vie, qui pourtant auraient vocation à enrichir la vision de la société du Care, d’une société qui prend soin. 

Ce débat, il aurait pu, il aurait dû être alimenté et instigué, pendant ces 6 années avec les nombreuses associations, habitants et militants qui formulent des propositions et des projets alternatifs. Ce sont des occasions manquées de se comprendre, de comprendre et de ne pas caricaturer les positions des uns et des autres, et d’avancer dans la transformation de nos 3 communes. 

Que ce soit pour les Rives de la Haute Deûle, la friche Mossley, l’ilôt Boschetti, pour Saint Sauveur, un changement de méthode est toujours possible pour enrichir les critères qui guident l’action publique et oeuvrer avec ces habitants investis dans leurs communes et leurs quartiers.

Je vous remercie,