Chers collègues,
En toute logique, nous vous devons une certaine transparence sur le comité d’éthique et de transparence, en particulier en ce dernier conseil municipal. Alors justement, notre expression ce soir sera celle d’un conseil, on espère avisé, pour améliorer le fonctionnement de ce comité qui mérite d’exister et dont on espère qu’il sera reconduit par la prochaine majorité municipale.
Pourquoi un conseil sur son fonctionnement ? Parce qu’avec le recul, ce serait manquer de transparence que de cacher une certaine déception. J’ai rejoint ce comité il y a 2 ans, suite à un renouvellement de ses membres. En 2 ans nous avons eu 3 réunions. Les perspectives annoncées il y a un an pour 2025 étaient les suivantes : 1er semestre 2025 : mise à jour de la politique en matière de contrats de commande publique ; 2ème semestre 2025 : mise à jour de la politique en matière d’attribution de subventions aux associations. Ce qui n’a pas été mené.
En 2025, une seule réunion s’est tenue le 30 janvier et nous avons reçu le compte-rendu de cette réunion, avec une proposition de courrier aux élus sur la politique cadeaux et invitations le… 7 novembre, avec un retour attendu dans la semaine. Or, dans un souci de confidentialité – qui peut paraître excessif – à chaque fois, nous n’avons pu disposer des documents de travail que sous la forme de projection sur écran au moment de la réunion, soit 9 mois plus tôt. Ce qui – vous en conviendrez – n’est pas commode du tout !
Cette situation est d’autant plus étonnante que je suis assurée de la qualité du travail des services, que je tiens à saluer ici – il est évident que le compte-rendu de la réunion du 30 janvier 2025 avait été rédigé dans la foulée. A notre étonnement exprimé sur son délai de réception – 9 mois – Mme Linkenheld a voulu voir du jeu politicien. Soit. C’était une curieuse façon de ne pas répondre.
Et comme je suis aussi assurée du travail, de l’écoute et la précision des réponses de François BENCHENDIKH, président du comité et référent déontologue, et comme les apports et remarques des personnalités extérieures étaient fort avisés, que je salue toutes et tous ici il me semble que la déception vient d’une confusion ressentie et permanente sur votre rôle dans ce comité Mme Linkenheld, comme si vous étiez en continu juge et partie. C’est peut-être ce qui explique le manque de fluidité ressentie.
A chaque fois que nous – c’est un nous dans la diversité des membres du comité – à chaque fois, donc, que nous avons proposé de nous saisir de certains sujets, d’élargir le périmètre, ou que nous avons demandé à bénéficier d’envoi des documents en amont ou au moins imprimés sur table, cela nous était refusé par vous, Mme L. c’est factuel. C’est bien dommage car le minimum qu’on peut attendre dans ce comité c’est la confiance entre ses membres.
Je sais que cette confiance a existé durant ce mandat car je l’ai expérimenté dans la commission Culture, sport et relations internationales, où la règle implicite de fonctionnement était l’écoute, la courtoisie, la précision et j’en profite pour remercier les agents et les élus de cette commission pour la qualité des débats pendant le mandat. C’est donc possible. Sur un sujet comme la probité et la transparence, peut-être faudrait-il à l’avenir compter sur une animation de ce comité par un tiers qui ne soit pas partie prenante.
A raison d’une ou deux réunions par an, il est évident que tout n’a pas été abordé, que les travaux sur l’intégrité de la vie publique doit continuer. La condamnation en appel il y a deux mois du président de la métropole européenne de Lille pour détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt et recel d’abus de confiance en atteste.
Pour finir, une preuve que ce travail doit être continu : Transparency international avait évalué à mi-mandat la réalisation de vos engagements : 5 sur 6 ; vous vous en étiez félicités à juste titre. Mais il peut y avoir des retours en arrière. Sur la publication des documents administratifs en open data force est de constater d’une part une réalisation partielle en réalité, mais aussi un recul. En fait, même l’obligation de publicité des subventions de plus de 23.000€ n’est pas respecté ni sur le site de la ville, ni par un lien qui renvoie vers le portail interministériel comme il se doit. De la même manière les procès-verbaux des conseils municipaux devraient être facilement accessibles sur le site de la ville de Lille cela a été le cas en 2023, mais pas en 2024 ni 2025. S’ils se trouvent quelque part, ils sont introuvables. Finalement c’est cela l’éthique et la transparence : pas seulement respecter la loi et les règles qu’on se fixe – ce qui n’est pas toujours le cas – mais aussi se faire confiance, s’assurer de rendre accessible et intelligible une matière parfois ardue. L’esprit et pas seulement la lettre en somme.