Réouverture du Bistrot St-So

Intervention de Stéphane BALY sur le Bistrot St-So

Monsieur le Maire, mes chères/chers collègues,

Cette délibération est assez technique, je doute que les Lilloises et les Lillois qui nous écoutent sachent décrypter les enjeux d’une autorisation d’occupation temporaire du domaine public.

Je vais donc essayer d’être clair : cette délibération traite du futur du bistrot de la gare Saint-Sauveur, ce lieu de convivialité où nous sommes toutes et tous déjà allés, pour y boire un verre, assister à une expo, à un concert, pour amener ses enfants à Lille Neige ou pour profiter de la terrasse.

Passé ce préambule, cette délibération dit plusieurs choses importantes sur la stratégie des activités culturelles et commerciales de la Ville de Lille.

Pour commencer, elle acte un échec de la précédente concession. Impossible de ne pas revenir en arrière.

Derrière la simple mention de la liquidation judiciaire de la SAS Hirondelle se cachent en fait des choix politiques discutables, dont nous avons pu faire état à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée : concurrence immédiate entre plusieurs opérateurs, changement des règles de la convention par la ville en cours d’exercice…

La gestion de la concession du Bistrot St-So amène à s’interroger plus largement sur les relations que la Ville de Lille entretient avec ses prestataires, insuffisamment traités comme des partenaires, alors même qu’ils sont partie prenante de l’exécution des politiques publiques menées.

Le cas du Bistrot est loin d’être isolé. On pense bien sûr à Petit Bouillon, actuellement en redressement judiciaire, et à d’autres opérateurs aujourd’hui en difficulté.

Si le bistrot de la gare Saint Sauveur sera de nouveau exploité à partir de décembre, on regrettera la rupture du service qui a eu lieu ces 2 derniers mois et l’impact sur les activités culturelles.

Cette délibération, ou plutôt le texte de l’appel à manifestation d’intérêt associé, acte la fin de la gratuité permanente au bistrot de la gare St-Sauveur.

C’est un changement de doctrine qui ne passe pas inaperçu dans la presse, sur les réseaux sociaux.

Ça pourrait se défendre, mais ça aurait a minima mérité un débat démocratique, la gratuité ayant été érigée depuis le début en intangible par Martine Aubry.

Enfin, cette délibération appelle à se tourner vers l’avenir, bien au-delà du 1er décembre 2025.

Ce soir, nous ne votons qu’une autorisation d’occupation temporaire du domaine public, avant le renouvellement de la concession du Bistrot à compter du 1er décembre 2026.

Le devenir du bistrot Saint-Sauveur est corrélé à l’ensemble des activités du site, et ce sujet-là relève des choix politiques du prochain mandat, donc de la responsabilité du futur exécutif.

Par conséquent la logique voudra que vous vous en teniez à cette solution de court terme d’ici mars, et qu’aucune procédure ne soit lancée avant les prochaines élections municipales.

Je vous remercie pour votre attention.