Egalité femmes-hommes : des efforts restent à faire !

Intervention de Julie Nicolas sur le rapport égalité femmes-hommes 2024

Mesdames, Messieurs,
Cher.es collègues,


Le débat de ce soir sur le rapport égalité femmes-hommes est devenu non seulement un rendez-vous obligatoire, mais aussi un rendez-vous incontournable. Cette année nous le faisons quelques heures avant la course contre les violences faites aux femmes, la veille de l’un des principaux temps forts marquants notre vie démocratique avec la marche contre les violences sexistes, sexuelles et de genre et 4 jours avant la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
Monsieur le Maire, vous serez d’accord avec nous pour dire que les femmes, qui sont majoritaires parmi les agents de la ville de Lille, tiennent sur leurs épaules le service public de proximité.
Un mois après la signature de la charte européenne pour l’égalité dans la vie locale, ce débat prend une signification particulière du fait de son artticle 11 sur les engagements de la ville de Lille en tant qu’employeur.
A quoi cet article 11 nous engage ? A engager des dispositions permettant la révision des salaires et des rémunérations, mais aussi des dispositions pour assurer d’une manière équitable et transparente la promotion et les opportunités de développement de carrière.

Je souhaiterais donc faire une focale spécifique sur ces deux points. Monsieur le Maire, au moins deux reculs doivent non seulement nous alerter, mais de plus leur traitement dans ce rapport pose question :

• 1er point : la question des écarts de rémunération et du travail gratuit des femmes. En 2023 cet écart était de 165 euros par mois, il est passé à 172 euros par mois en 2024. Plus 7 euros par mois : l’écart ne s’est pas résorbé mais s’est creusé. Et pourtant le rapport affirme que « L’égalité salariale est quasi atteinte, traduisant une harmonisation effective des rémunérations. ». De quoi nous satisfaisons-nous au juste ? Que l’augmentation de l’écart de rémunération n’ait été « que » de 7 euros ? Ces 7 euros sont bien réels. Sur une année c’est 84 euros de plus que l’année précédente, sur une anné cet écart salarial, ce 13ème mois à l’usage exclusif des agents hommes, a dépassé le seuil symbolique de 2000 euros. Il peut y avoir une explication liée à une conjoncture particulière, mais il n’en est pas fait état dans ce rapport. Or, faute d’identifier et de pointer de tels phénomènes, nous le savons, ces tendances se renforcent inexorablement.
Je vous demande donc M. le Maire, de corriger le document avant sa publication définitive, il est impossible au regard de ces chiffres on ne peut plus réels d’affirmer que « L’égalité salariale est quasi atteinte, traduisant une harmonisation effective des rémunérations ». Nous vous demandons d’exprimer clairement dans ces pages cette réalité et de réaffirmer, que l’égalité salariale réelle est un engagement renouvelé de la ville.

• Deuxième point, cette fois-ci sur les promotions. Cette fois-ci, il est fait état d’« une égalité quasi parfaite ». Nous n’avons probablement pas la même conception de l’égalité. En 2021, les femmes promues étaient 62 % à bénéficier d’une promotion. 3 ans plus tard, ce chiffre est tombé à 48,6 %, alors qu’elles représentent 56 % des effectifs, et qu’elles étaient 1460 à remplir les conditions.
Ne devraient-elles pas plutôt être 56 % à être promues, puisqu’elles sont 56 % dans les effectifs permanents ? Ces 48 % sont bien une régression et vont venir renforcer les écarts de rémunération, inexorablement, si la tendance n’est pas inversée immédiatement. Les 49 % annoncés à l’instant pour l’année 2025 ne vont pas suffire.
Malheureusement le temps est compté, je vais clôturer sur ces deux points majeurs et réitèrer deux des demandes formulées l’année dernière par notre groupe, qui sont encore davantage d’actualité ce soir que l’année dernière :


1. des objectifs chiffrés sur la déprécarisation des emplois vacataires, majoritairement occupés par des femmes.
2. des objectifs chiffrés sur la valorisation des filières féminines, en particulier les assistantes maternelles, les filières médico-technique et médico-sociale, un objectif prioritaire pour le RIFSEEP.

Je vous remercie pour votre attention, et les suites que vous donnerez.