Intervention de Stéphanie Bocquet sur la situation des associations
Monsieur le Maire, chèr.es collègues,
Nous voterons bien sûr cette délibération de subventions aux emplois aidés.
Nous avons déjà eu l’occasion de le dire au cours de ce mandat, les postes d’adulte-relais sont souvent la seule possibilité pour des associations d’avoir un ou une salariée, de toucher un public plus large, et donc de remplir leur mission d’intérêt général.
Nous devons soutenir les associations, encore plus aujourd’hui, alors qu’elles sont dans une situation particulièrement difficile.
Le slogan d’une mobilisation nationale organisée demain par le Mouvement Associatif résume parfaitement cette situation : ce slogan est celui-ci « ça ne tient plus ! ».
Oui, les associations étouffent.
Or, elles sont des espaces indispensables pour créer du lien, porter les alertes citoyennes ou encore apporter des réponses sociales aux trop nombreuses crises actuelles.
Faire vivre le tissu associatif de nos territoires est essentiel pour la cohésion même de nos territoires.
Si les associations cessent de fonctionner, c’est le service public qui cesse de fonctionner.
Nous avons déjà pointé les retards de financement qui fragilisent la trésorerie des associations, ou l’absence de réponse de la part de l’État, de la Région ou du Département, ce qui les empêche de se projeter, voire oblige certaines associations à réduire leurs activités.
Combien de subventions récurrentes ont été votées tardivement par leurs financeurs cette année ? Engendrant un effet domino ? Tel financeur tarde à délibérer, amenant tel autre financeur à retarder également le vote de la subvention pour cette même association.
Avec des subventions perçues à l’été, voire à l’automne, les associations se retrouvent à financer le service public sur leur propre trésorerie.
Nous avons aussi déjà eu l’occasion de revenir en conseil municipal sur la défiance a priori qui pèse sur elles via ce Contrat d’engagement républicain.
Nous avons également déjà eu l’occasion de dire que nous n’étions pas d’accord avec la multiplication des appels à projet de la Ville de Lille dans le financement d’associations pourtant bien implantées dans le tissu local.
Pour rappel, la part des appels à projet dans le financement des associations environnementales est passée de 8% en 2019 à 61% en 2023.
Ces appels à projet dominants sont révélateurs de cette volonté de cadrer l’action des associations (à fortiori environnementales), tuant l’initiative associative, la liberté associative et cela, au profit d’un projet municipal descendant.
« Ça ne tient plus ! »
Il est temps de changer de logique globale. De considérer à nouveau les associations comme nos partenaires et non comme des prestataires, et non comme des opérateurs.
Autrement, sur qui nous appuyer pour faire vivre l’intérêt général ?
Les associations font partie de notre quotidien, mobilisons-nous pour sauver ce bien commun.
Soyons donc nombreuses et nombreux, demain à 14h, Porte de Paris pour la mobilisation nationale du Mouvement associatif.
Je vous remercie.