TRIBUNE
Aujourd’hui, plus d’un quart de notre budget est consacré à notre logement. Cette part n’a cessé d’augmenter, bien plus fortement que l’augmentation de nos revenus. Et nous ne sommes pas égaux face à cette réalité, qui frappe davantage encore les plus modestes. Les ménages vivant sous le seuil de pauvreté consacrent environ 38% de leurs revenus dans leur logement, selon la Fondation pour le Logement, et cette part peut atteindre 56 % chez les 10 % les plus pauvres.
Face à cette réalité et au constat que ces difficultés sont exacerbées dans les grandes métropoles, un outil a été mis en place : l’encadrement des loyers. Institué par la loi Alur de 2014, l’encadrement des loyers est actuellement appliqué dans 70 communes situées en zone tendue, dont Lille.
Concrètement : si vous êtes locataire, votre propriétaire ne peut dépasser un montant maximum pour votre loyer, fixé par l’État en fonction du type de logement et du secteur. Même si vous ne le savez pas, vous bénéficiez certainement de ce dispositif ! Si vous ne l’avez jamais fait, nous vous invitons à vérifier que votre loyer respecte bien le plafond déterminé par arrêté préfectoral. Rien de plus simple : vous pouvez utiliser le simulateur disponible sur le site internet de la Ville de Lille : L’encadrement des loyers / Mon logement / Vivre à Lille – Ville de Lille : adresses, horaires, calendriers et histoire
Ce dispositif a permis aux locataires parisiens, en moyenne, d’économiser 140 euros par mois en 2024, par rapport à ce qu’auraient été les loyers parisiens sans cet encadrement depuis 2019. Cependant, il a été développé à titre expérimental, et il prendra fin le 25 novembre 2026 ! Sans mesure immédiate du gouvernement pour inscrire durablement l’encadrement des loyers dans la loi, ils augmenteraient quasiment du jour au lendemain pour des millions de personnes. Cela est évidemment impensable, et il est impératif que ce dispositif soit définitivement pérénisé. C’est à cette fin que six parlementaires de gauche et écologistes ont déposé une proposition de loi permettant d’enlever le caractère expérimental de ce dispositif.
En plus de le péréniser, il est impératif de l’étendre et de l’ajuster. Dans son cinquième baromètre de l’encadrement des loyers, la Fondation pour le logement des défavorisés introduit plusieurs axes d’amélioration, comme le contrôle et la sanction des professionnels de l’immobilier et des plateformes qui diffusent des annonces non-conformes et valident des baux illégaux. Des axes d’amélioration que nous pourrions soutenir à Lille.
Au-delà de la seule question de l’encadrement des loyers, c’est d’une politique du logement cohérente, avec comme objectif le logement abordable pour toutes et tous, dont nous avons besoin, à Lille et en France. Tous les outils juridiques à notre disposition ne sont aujourd’hui pas mobilisés, comme par exemple la réquisition des logements, dont nous avons fêté il y a quelques jours les 80 ans de l’ordonnance instaurant cette possibilité.
Nous ne le répéterons jamais assez : un toit, c’est un droit.
Tribune publiée dans le n°162 du Lille Mag