Diagnostic structurel des bâtiments d’habitation : nous disons oui !

Intervention de Frédéric Louchart sur l’instauration d’un diagnostic structurel pour les bâtiments à vocation d’habitation

M. Le maire,

Globalement, nous saluons cette mise en application du décret d’août dernier. A titre d’expérimentation, le périmètre en est limité par définition. Les propriétaires disposent maintenant de 18 mois pour fournir un diagnostic structurel puis envisager les travaux nécessaires de mise en sécurité des bâtiments qu’ils louent. Cela paraît si évident qu’on se demande pourquoi cela n’avait pas été fait avant. Ah, oui, avant, il y a eu la loi Kasbarian…

Évidemment, l’effondrement d’un immeuble rue Pierre Mauroy fut un drame, et certains propriétaires ont alors compris la nécessité d’entretenir leur bien immobilier. D’autres pensent encore qu’on répare un mur de briques avec de la mousse isolante.

Mais non, le propriétaire d’un bien est responsable de celui-ci, et il est profondément inquiétant de laisser se dégrader un immeuble alors que des signaux bien visibles – une vitrine écrasée par exemple – et un prix du mètre carré parmi les plus chers de la ville devraient leur mettre la puce à l’oreille.

Il est souhaitable que cette délibération arrive également aux oreilles des propriétaires qui perçoivent un loyer commercial pour le RDC, mais laissent se dégrader les étages utilisables et gâchent le foncier disponible.

En effet, comment penser que rue de la Monnaie, rue Lepelletier ou de la Grande Chaussée entre autres soient ainsi livrés aux éléments, tant que le loyer tombe dans l’escarcelle ? C’est non seulement choquant en soi, mais aussi irrationnel à la fois en termes d’immobilier et de patrimoine. D’ailleurs, ne serait-il pas possible de simplifier le périmètre en évitant les coupures et les jalousies d’effet de limite entre les 4 rues centrales concernées ? Une partie des rues Nationale et Esquermoise le mériteraient certainement.

Sur le plan formel, rien ne s’y oppose dans le texte de loi, et la bonne compréhension en termes et en secteurs simples aidera à la bonne compréhension des intéressés. En effet, par-delà la qualité professionnelle des propriétaires, la géologie particulière du centre et du Vieux-Lille mettent en exergue l’aléa de gonflement et retrait des argiles, qui ne s’encombre pas des constructions de surface. Mais pour nous, c’est une partie de ce que Lille a de plus beau à offrir sur le plan patrimonial.

De plus, c’est un message adressé aux propriétaires de logements indignes, quelle que soit leur nature. Ils seraient 130.000 dans la Région, 11 % du parc locatif dans le département du Nord dont 9000 à Lille. Avec des problématiques souvent différentes entre les quartiers les moins favorisés et les secteurs concernés par cette délibération, certes. Néanmoins…

  • Néanmoins le stop & go gouvernemental en matière de rénovation de logement aggrave la situation en la rendant illisible.
  • Néanmoins, le tableau alarmant dressé depuis des années par les mouvements associatifs, autant que par les collectivités locales s’aggrave encore, au détriment des lilloises & lillois.
  • Néanmoins, les villes sont contraintes de prendre le relai d’un État rendu défaillant. En 2017, un certain Emmanuel M. jurait pourtant ses grands dieux de mettre fin à cette indignité nationale. Résultat ? Le 115 est débordé, les CCAS sont menacés. Selon des sources différentes, ce seraient 3 à 4000 personnes à la rue. Le W-E dernier ce sont 73 sans abri qui sont venus prendre une douche à La Deûle en seulement 2 matinées. C’est le tonneau des danaïdes que nous tentons de vider, alors que les gouvernements successifs et fugaces ne cessent de le remplir.

C’est un véritable chantier, au sens propre comme au figuré. Lille Verte s’efforce de garder une ligne constructive avec cette proposition, soutient la démarche et espère une généralisation prochaine à l’issue de cette expérimentation