Soutenons l’université de Lille

Intervention de Julie Nicolas pour soutenir l’université de Lille

Cher.es collègues,

il y a de cela quelques semaines, imaginez ma surprise, peut être partagée par certaines ou certains d’entre vous ici, lorsque j’ai entendu le Président de la République annoncer une enveloppe de 100 millions pour accueillir des chercheurs américains dans nos universités. Bien sûr qu’il faut soutenir les facultés américaines qui résiste aujourd’hui aux attaques de l’administration Trump !

Mais ces 100 millions, c’est à peu près ce qu’il faudrait pour résorber les inégalités entre nos universités, Car leurs trop faibles dotations pour un certain nombre d’entre elles sont directement responsables d’inégalités subies par nos étudiants et leurs professeurs.

Moins de moyens, c’est une inégalité des chances, et ce dès le démarrage des études. Le taux de réussite lors du premier cycle est bien trop faible à Lille.

Moins de moyens, c’est moins de professeurs pour les accompagner, moins de moyens de fonctionnement, moins de soutien pour les étudiants en situation de précarité.

Rappelons à ce titre que si à l’habitude les situations de précarité s’atténuent lorsque les étudiants perçoivent leurs bourses vers le mois de janvier, cette année il y avait autant d’étudiants à faire la queue pour les distributions alimentaires après ce versement des bourses qu’avant.

  • Nous avons besoin de plus de moyens pour soutenir nos étudiants et tenter de gommer partiellement ces inégalités face à la poursuite d’études.
  • Nous avons besoin, nos étudiants ont besoin, de plus de professeurs, notamment à la fac de droit sur le campus du quartier de Moulins, mais aussi pour l’ensemble des Sciences Humaines et Sociales, car les sciences humaines et sociales sont les premières victimes de ces inégalités
  • nous avons besoin de salles de cours et d’amphithéâtres ouverts et accessibles, pour que les travaux de désamiantage, de rénovation et de mise en sécurité puissent être réalisés sans tarder – sans qu’une nouvelle fois toute une année universitaire soit impactée par le manque de salles et de lieux de cours, impactant en ricochet tous les étudiants contraints d’aller de campus à campus pour assister à leurs cours. Sur nos campus, c’est 1/3 des bâtiments qui n’ont pas été entretenus par manque de crédits dédiés à leur maintenance.

L’université de Lille c’est 80 000 étudiants, la plus importante de France en nombre d’étudiants, en augmentation de près de 20 % depuis 2008.

Plus de la moitié, 45 000, sont en premier cycle ; ces 45 000 étudiants ont moins de chances de réussir leur début de cursus universitaire parce que leur université est moins bien dotée que d’autres et notamment, mais pas que, les universités parisiennes. Ce, avec des effets très concrets dans les classements dans les établissements.

Alors que l’effectif de l’université de Lille continue d’augmenter, année après année, ces 600 euros de moins par étudiant ont des effets de plus en plus sévères.

Par ce vœu, le Conseil Municipal réclame des moyens pour nos étudiants, pour notre université, et cette égalité des chances qui est leur droit. Nous appelons bien sûr l’ensemble des parlementaires présents à ce conseil à contribuer à la mobilisation de leurs groupes parlementaires et du gouvernement pour que le prochain Projet de Loi de Finance participe à ce rééquilibrage. 9 millions sur les 100 promis par ailleurs, et donc disponibles.

Je vous remercie.