Quel accompagnement des mineurs exilés ?

Où en sont les discussions que mène la Ville avec ses partenaires pour la création d’une instance partenariale dédiée à l’accompagnement des mineurs non accompagnés ?

Monsieur le maire,

Si je prends la parole ce soir, c’est pour revenir sur un sujet sur lequel nous sommes régulièrement intervenu·es depuis le début du mandat. Malheureusement. Je veux parler ce soir des jeunes mineurs non accompagnés qui dorment sur un campement de fortune dans le parc Barbusse depuis le début du mois de mai.

Comment ne pas penser à eux, avoir une pensée émue pour eux, en particulier aujourd’hui, journée mondiale des réfugié·es ? Comment ne pas penser à eux alors qu’en début de conseil nous les avons entendu·es devant la mairie appeler à une mise à l’abri ?

Aujourd’hui, ils sont une quinzaine de jeunes sur ce nouveau campement. Après Lille-Sud, Bois-Blancs, Faches-Thumesnil, les voilà au Faubourg de Béthune. Ce ne sont bien sûr pas les mêmes jeunes, mais leur parcours est similaire, leur cause commune. Si les revendications des jeunes, des associations, ou des groupes politiques avaient été entendues par les institutions, nous n’en serions peut-être pas là.

Car les mêmes causes entraînent les mêmes effets. Les guerres, les conséquences des dérèglements climatiques, les oppressions, entraînent et vont continuer à entraîner des migrations forcées. En refusant de penser la question de l’arrivée de ces mineurs comme une réalité qui va malheureusement s’inscrire dans la durée, nous ne serons jamais à la hauteur de l’accueil que nous leur devons.

Aujourd’hui, les jeunes sans solution sont une quinzaine sur ce campement. D’ici notre prochain conseil municipal, à ce rythme d’arrivées, ils seront probablement plus d’une quarantaine. Comme par le passé plaine des Vachers, ou dans le parc de l’Adventure par exemple. Avec ces mises à l’abri au compte-goutte, la Préfecture et le Département du Nord refusent de prendre une décision simple qui aurait un effet sur le long terme : la création d’une instance de dialogue partenariale pérenne. Les différentes institutions doivent prendre leur part dans l’accueil de ces jeunes : la Préfecture, le Département du Nord, la MEL, les villes, les associations qui accompagnent les jeunes, et les jeunes eux-mêmes.

Par courrier en date du 19 novembre, nous vous avons écrit, Monsieur le maire, pour vous demander où en était votre dialogue avec le préfet et le président du Département du Nord, après l’adoption du vœu signé ensemble en octobre 2024. Ce dernier entérinait la création de cette instance. Pas de réponse de votre part.

Par courrier en date du 21 février 2025, nous vous avons écrit, Monsieur le maire, pour vous demander si la Ville de Lille avait été sollicitée par la Préfecture ou le Département au sujet de la création de cette instance, et où en était les négociations sur ce sujet. Pas de réponse de votre part là non plus.

Je me permets donc de vous interroger publiquement cette fois-ci, dans l’espoir d’obtenir une réponse : où en sont les discussions que la Ville de Lille mène, sur la base du vœu adopté l’an passé, avec nos partenaires institutionnels pour créer une instance partenariale dédiée à l’accompagnement des mineurs non accompagné·es en recours à Lille, et en particulier de leur hébergement ?

Et puisque nous n’avons pas eu non plus de réponse à notre courrier en date du 21 février 2025 que nous vous avons adressé, Madame la première adjointe, je me permets de m’enquérir de l’état des négociations entre la Ville de Lille et le rectorat pour la scolarisation de tous les MNA qui vivent à Lille et dans la MEL ? Car des refus de scolarisation persistent. C’était l’objet d’une mobilisation devant le rectorat plus tôt cet après-midi.

Enfin, pour revenir aux besoins du quotidien de ces jeunes actuellement dans le parc Barbusse, je me permets de relayer deux de leurs questions : la Ville de Lille peut-elle installer rapidement des sanitaires à proximité du campement ? Et la Ville de Lille peut-elle les rencontrer afin notamment de s’assurer que les jeunes, qui se douchent actuellement dans les locaux de L’île de solidarité, aient une solution alternative pour le mois d’août où cette structure sera fermée ?

Je vous remercie pour votre attention.