Intervention de Maël Guiziou sur la création d’un lieu de répit pour les livreurs à vélos
Monsieur le maire, mes chères·chers collègues,
Nous voterons pour cette délibération.
Entre habitats précaires et accidents, entre épuisement physique et épuisement moral, la pression infligée par les plateformes aux livreurs à vélo illustre la dérive d’un capitalisme effréné.
Le rapport de l’Anses publié le 25 mars dernier insiste sur des conditions de travail qui dégradent la santé des livreurs de repas, du fait d’un management algorithmique excessivement focalisé sur le rendement. Les livreurs à vélos sont particulièrement exposés aux risques liés à la circulation routière.
Il appartient à la puissance publique de pallier ces manquements, et de répondre aux besoins des livreurs à vélo, encore trop invisibilisés.
Nous nous réjouissons du projet porté par l’association la Deûle, suite à un appel à manifestation d’intérêt de la ville de Lille. C’est un lieu de répit, indispensable pour des travailleurs soumis à une telle intensification des cadences. Ce lieu est aussi un espace de sociabilités, d’échanges et d’accès aux droits.
La création d’une « maison des livreurs », à Bordeaux en 2023 et son succès attestent du besoin et du potentiel de ce projet lillois, projet nécessaire.
Toutefois, nous voyons une limite à ce projet : celui de son financement. La ville de Lille est à l’initiative de ce projet via son appel à manifestation d’intérêt. Et pourtant, elle ne finance pas l’ensemble du projet, la délibération prévoit de laisser près de la moitié du financement du lancement du projet à l’association La Deûle. Une telle dépense pour celle-ci, à hauteur de 21095 euros, ne risque-t-elle pas de remettre en cause la pérennité de l’association et donc de l’action financée par la ville ?
Cette politique volontariste de la ville se doit d’être financée à la hauteur du besoin. D’autres villes ont su être plus généreuses dans leur financement.
Je vous remercie pour votre attention.