Démission de Martine Aubry : Si nous saluons la femme d’Etat, notre détermination reste inchangée pour construire un futur désirable

Communiqué de presse du groupe Lille Verte, le 6 mars 2025

Le groupe Lille Verte prend acte de la démission de Martine Aubry de son mandat de maire de Lille. Cette annonce n’est pas une réelle surprise, tant elle se murmurait depuis des mois. Élue à la ville de Lille depuis quasiment 30 ans, maire depuis 24 ans, elle n’ira donc pas au bout de son quatrième mandat de maire.

Le temps du bilan s’impose. Nous ne pouvons oublier la figure politique nationale qu’elle incarne et son action menée en tant que ministre d’État : les 35 heures, les emplois-jeunes, la Complémentaire santé solidaire (CMU), l’Aide médicale de l’État (AME), l’allongement du délai légal de recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG)… Autant de dispositifs absolument nécessaires aujourd’hui, et qui sont menacés par des prises de position irresponsables, austéritaires et discriminatoires. Le portage politique de ces mesures était courageux.

A Lille, elle aura apporté son expérience d’État et sa force de caractère. Ses mandats successifs comme maire ont façonné la ville. Elle aura été accompagnée en cela par la persévérance continue d’un groupe écologiste à ses côtés, ou face à elle. Nous avons eu et avons nos désaccords, sur la méthode, sur la gouvernance et sur la vision, tout en partageant des valeurs ancrées à gauche. Nous tenons à saluer cette carrière au service des citoyennes et des citoyens, des Lilloises et des Lillois.

Lors de la campagne de 2020, déjà, nous alertions quant à la tentation du mandat de trop. Ce mandat 2020-2026 sera malheureusement celui de l’enlisement du projet Saint-Sauveur, de projets non concertés et de fait contestés par des collectifs citoyens spontanés, de décisions isolées. En 2020, le poids grandissant des écologistes supposait d’adopter une culture du débat démocratique qui lui faisait défaut. Elle avait alors préféré défendre son bastion socialiste, plutôt qu’assumer une transformation de la ville en phase avec les enjeux de ce siècle, dans un esprit pluraliste.

La majorité municipale aura cependant tenu compte des près de 40 % de voix apportées aux écologistes en verdissant son action, sans toutefois trouver de cohérence et de colonne vertébrale. Nous y voyons la traduction de préoccupations écologiques croissantes au sein de la population, tout comme le fruit de notre travail mené sans relâche depuis plus de 4 ans et demi. Nous n’avons cessé de proposer, alerter, questionner et influencer la majorité. Cependant, en comparaison avec d’autres grandes villes qui ont assumé pleinement ce tournant, Lille décroche.

Signe de faiblesse, Martine Aubry fait le choix de désigner son successeur en usant de son pouvoir de maire. Sans légitimité démocratique, le nouveau maire ne sera en réalité qu’un intérimaire arrivé en bout de course, à un an du prochain scrutin. Cela ne change rien à notre détermination à construire un futur désirable, dans l’exercice de notre mandat, et au-delà.