Intervention de Stéphanie Bocquet sur le vœu de soutien à la prévention spécialisée
Madame le Maire, chè.res collègues, mesdames, messieurs,
Comme vous Madame le Maire et de très nombreuses personnes, nous étions hier, à cette belle manifestation en soutien des « clubs de prév’» pour dire notre indignation face à cette décision de baisse budgétaire, face à cette méthode du Président du Département du Nord et de son exécutif, méthode à laquelle on commence, malheureusement, à être habitué.es…
Il est rappelé dans le texte de cette motion que la décision prise par le Département est unilatérale : le Département agit seul, sans discuter avec ses partenaires institutionnels et associatifs.
L’exécutif du Département ne discute pas et ne sait pas discuter, et pas plus avec ses partenaires qu’avec ses agentes et agents, qui en ont subi les frais il y a pile 2 semaines lors des vœux de l’arrondissement de Dunkerque à Téteghem.
Oui, comme nous, les associations de la prévention spécialisée ont appris fin décembre, avant la période des fêtes de Noël, que leurs subventions baisseraient à partir de janvier.
Et vous, Madame le Maire, comme 42 autres maires, vous avez reçu dans le même temps, un courrier demandant de pallier aux désengagements du Département.
Or, lors de son audition mercredi après-midi à l’Assemblée nationale, Christian POIRET -sous serment- indique qu’aucune décision n’est prise sur la baisse de 3 millions d’euros mais qu’il a simplement voulu demander aux maires s’ils étaient en accord, pour compenser une baisse de financement éventuelle du Département.
Qui peut croire une seule seconde que les communes ont les moyens de se substituer au Département sur ses compétences prioritaires ?
De plus, les courriers adressés aux maires ne laissent aucun doute sur le désengagement envisagé par le Département.
Faut-il rappeler que pour les associations de prévention spécialisée, ces subventions ne sont pas que des lignes comptables, comme le Président et son exécutif semblent le considérer ?
Ce sont des emplois, des salarié.es qui ne pourront plus travailler, une soixantaine de postes d’éducateurs (à l’échelle du Département) et des actions en cours qui seraient supprimées, des jeunes qui ne seront plus accompagnés, des territoires délaissés…
Dispositif essentiel de la protection de l’enfance et de l’aide sociale à l’enfance, compétence obligatoire des départements, la prévention spécialisée apporte une aide à la parentalité et permet notamment de prévenir les placements par un soutien direct et préventif aux familles en difficulté.
S’en prendre à ces actions de prévention risque d’exacerber les problèmes et surcharger encore davantage les services de protection de l’enfance.
Et l’on sait que, dans le Nord, tous les clignotants concernant la protection de l’enfance sont en rouge ! Tous !
C’est toujours cette vision budgétaire court-termiste qui prévaut et qui va générer à plus long terme un coût humain et financier bien plus élevé pour les jeunes concernés et leur famille, pour les services de protection de l’enfance comme pour notre société.
Ce vœu est donc une évidence.
Face à la catastrophe annoncée, nous devons continuer à manifester notre opposition à ces décisions dangereuses, nous devons rappeler au Département du Nord et à l’Etat leurs responsabilités, leurs engagements, dont ils ont depuis quelques temps, l’habitude de se défaire.
Je vous remercie.