Intervention de Frédéric Louchart sur le vœu pour la scolarisation des enfants en situation de handicap
Madame le maire, chers collègues,
En votant la loi de 2005, le législateur n’a peut être pas mesuré toutes les difficultés de la révolution qu’il engageait concernant la scolarisation des personnes en situation de handicap, mais cette révolution est juste et il nous faut la mener jusqu’à son terme.
C’est pourquoi nous voterons cette motion en pensant d’abord aux enfants et à leurs parents qui ne bénéficient toujours pas d’une solution de scolarisation, mais aussi à toutes celles et ceux pour qui la scolarisation continue d’être un parcours d’obstacle. Obtenir un rendez-vous pour un bilan psychométrique, remplir des dossiers MDPH, trouver un établissement qui veuille bien scolariser votre enfant, s’assurer que les adaptations sont bien mises en place, demander les adaptations pour les examens, l’orienter en pensant déjà à l’insertion professionnelle, notamment si celle-ci ne peut se faire en milieu ordinaire. Oui c’est un véritable parcours du combattant.
Alors vous avez raison de faire un focus sur les AESH dans votre motion, en demandant un recrutement plus massif, une véritable professionnalisation et la déprécarisation de ces travailleuses (le plus souvent) et travailleurs de première ligne au côté de nos enfants. Cette professionnalisation nous la devons à la fois à nos enfants et aux personnes qui exercent ces missions essentielles tout en étant payées une misère.
Nous pourrions aussi évoquer la nécessité de former davantage et mieux les enseignants à l’accueil des élèves en situation de handicap – en particulier des handicaps cognitifs, pour que la scolarisation rime avec une réelle inclusion. Nous pourrions évoquer la nécessité de diminuer le nombre d’élève par classe si nous voulons que les enseignants puissent véritablement accueillir tout le monde dans de bonnes conditions. Nous pourrions évoquer la nécessité de mieux coordonner les acteurs – notamment la MDPH et l’éducation nationale – pour que les établissement soient informés des droits ouverts aux élèves. Nous pourrions évoquer la nécessité de réinvestir dans la pédopsychiatrie pour mieux dépister et traiter les troubles cognitifs dès leur apparition.
Oui, cela fait beaucoup de défis, mais en travaillant à l’inclusion des plus en difficultés, on améliore la situation de tous les élèves.
Je vous remercie pour votre attention.