Intervention de Julie Nicolas sur l’étude menée autour d’Exide
Madame le Maire, Cher·es collègues,
Pour le groupe Lille Verte, cette délibération a une importance toute particulière, car elle va permettre d’afficher clairement la reconnaissance, par l’entièreté du Conseil municipal de Lille, de la réalité de la situation que les habitantes et habitants de Lille Sud connaissent depuis de nombreuses années – ou parfois l’ignorent encore, faute d’un process à ce stade suffisant pour que chacune et chacun ne s’exposent pas davantage aux risques sanitaires.
Faute de maîtrise des process industriels et des composants qui sont utilisés, les risques sanitaires sont partout et n’épargnent aucun lillois. Dans l’alimentation, dans l’eau, dans l’environnement, trop longtemps ces composants nuisibles voire dangereux ont infiltré les organismes dans la plus grande opacité – et ce n’est pas à Monsieur Richir que nous allons l’apprendre.
Mais cette situation est désormais en passe de changer, avec des villes qui se mobilisent en soutien aux habitants : Lubrizol à Rouen, Arkema dans la métropole du Grand Lyon, et désormais Refinal et Exide à Lille.
Si la mobilisation citoyenne est le premier dénominateur indispensable, l’implication des élus locaux et de la science ne le sont pas moins. Au nom de tout le groupe Lille Verte, nous sommes fier·es et heureux·ses d’avoir soutenu et accompagné cette démarche de sciences citoyennes qui a apporté les preuves de l’erreur de la Préfecture. Une double erreur, la première sur le seuil retenu, qui ne correspond qu’à une reculade des pouvoirs publics face au risque sanitaire, la deuxième, le périmètre patatoïde, qui ne représente en rien la réalité de la diffusion du plomb dans l’environnement de Lille-Sud.
Nous tenons ce soir à affirmer notre pleine reconnaissance et gratitude envers Alexander Van Geen, sans qui cette preuve scientifique n’existerait pas. Nous avons fait, grâce à lui, grâce à l’association Après, un pas essentiel dans la bataille de la transparence.
Cette première victoire, c’est probablement l’une des plus belles démonstrations de l’utilité de notre travail d’élu·es, de notre rôle essentiel d’opposition constructive et utile à l’intérêt général.
Nous sommes également particulièrement heureux que la Ville de Lille prenne désormais le relai de cette mobilisation citoyenne et scientifique, pour finir de démontrer la réalité des pollutions au plomb, et rééquilibrer cette bataille inégale entre les petits pots de terre et le pot de plomb que représente la servitude imposée par la Préfecture.
Je voudrais aussi m’adresser plus particulièrement au Préfet : l’ancien Premier Ministre, Michel Barnier, nous a répondu en indiquant saisir les services de la Préfecture. La Ministre en charge de l’écologie, nous a répondu et proposé une rencontre que nous allons honorer sous peu. Mais qu’en est-il des services de la Préfecture ? Pourquoi ce silence assourdissant ?
Reconnaître ses erreurs c’est grandir, et dans le cas présent ce serait aussi démontrer que les services de l’État sont au service des citoyens, de tous les citoyens. Y compris des habitants d’un Quartier en Politique de la Ville qui ne maîtrisent pas tous les codes de l’administration publique.
Nous appelons donc une nouvelle fois le Préfet à se manifester pour que nous puissions lui présenter les résultats des 150 prélèvements déjà réalisés et pouvoir planifier avec lui, et avec l’adjoint en charge des risques, le calendrier de révision de la Servitude d’Utilité Publique, et pour définir les modalités de l’accompagnement des habitant·es.
Cher.es collègues, je vous remercie car à travers votre vote ce soir nous allons définitivement sortir de l’opposition entre emplois et santé des riverain·es, nous allons définitivement engager notre ville aux côtés des Lilloises et Lillois contre ce risque sanitaire que représente le plomb.
Je remercie enfin et avant tout l’association Après, ses membres sans lesquel·les cette première victoire n’aurait pas été possible, sans qui nombre de personnes ne seraient toujours pas informé·es de la présence du plomb et des risques pour leurs enfants, et je termine en nous donnant rendez-vous à un prochain Conseil municipal, pour acter du soutien de la ville à l’association Après pour qu’elle puisse continuer cet indispensable travail citoyen.
Je vous remercie pour votre attention.