Conditions de travail des agent·es : le constat est inquiétant

Stéphane Baly intervient sur les conditions de travail préoccupantes des agentes et agents de la Ville de Lille

Madame le Maire,

La délibération qui recense l’ensemble des postes permanents ouverts au sein de la Ville de Lille nous paraît être une excellente occasion de revenir sur la question de la vacance des postes.

Cette délibération occulte cet aspect : les postes ouverts recensés dans l’annexe ne sont pas nécessairement pourvus. En l’absence d’un rapport social unique depuis près de 2 ans (suite à l’intrusion informatique), nous l’attendons avec impatience, vous comprendrez qu’il est très difficile d’avoir une vue d’ensemble sur la situation.

Nous intervenons régulièrement à ce propos.

Lors de notre dernière intervention à ce sujet, il y a quelques mois, nous nous inquiétions déjà des conditions de travail des agentes et agents, qui nous semblaient être un facteur explicatif de ces difficultés à recruter dont vous faites toujours mention.

Vous aviez balayé nos remarques, expliquant que toutes les collectivités rencontrent des difficultés à recruter. Des difficultés à recruter peut-être, mais connaissent-elles des départs aussi nombreux ?

Nous l’avions souligné encore avant l’été lors de notre intervention sur le compte administratif 2023 : 4397 postes étaient prévus au budget prévisionnel 2023, et seulement 4346 figurent au compte administratif 2023. Les arrivées ne compensent plus les départs imprévus, qui sont plus nombreux. Et c’est le cas à tous les échelons de l’administration ! Notons que 2 postes de DGA sur 6 sont encore vacants, comme la direction de la police municipale, et que la direction de l’équipe transition écologique et la direction de la nature en ville connaîtront peut-être bientôt le même sort…

Vos réponses sont les mêmes depuis plus de 2 ans quand nous vous interrogeons à ce propos. Les améliorations promises n’arrivent pas.

Pire la situation se tend.

J’en veux pour cause la mobilisation syndicale et le préavis de grève qui a été déposé par 3 des 4 syndicats représentant les agents de la Ville dans le courant du mois de septembre. Une mobilisation intersyndicale historique !

Le constat dressé par ces organisations mérite que nous nous inquiétions collectivement de l’état du dialogue, ou plutôt de l’absence de dialogue, qu’entretient la Ville avec les organisations syndicales.

Elles ont fait état lors de la mobilisation de situations individuelles alarmantes, du refus de la part de la Ville d’engager un travail sur plusieurs chantiers : RIFSEEP, 1607 heures, télétravail…

Nous avons été rassurés d’apprendre que la quarantaine de contrats, à l’origine de la mobilisation ont été régularisés rapidement.

Mais qu’en est-il du reste des revendications portées par les syndicats, revendications qui n’ont manifestement pas été étudiées depuis 2 ans ?

Le dialogue et le travail avec les organisations syndicales ont-t-il repris depuis cette séquence ?

Nous serons vigilants sur cette question essentielle.

Essentielle pour le bien-être des agents de la Ville. Essentielle parce que la politique municipale ne peut se faire sans les agents qui la portent, et que nous remercions pour leur travail, a fortiori dans ces conditions.

Je vous remercie pour votre attention.