Conseillère déléguée au Bien-être animal, aux Jardins familiaux et partagés, à l’Apiculture urbaine et à l’Agriculture urbaine, du parti Génération·s, Manon nous présente La Fourrière des animaux. L’occasion de parler de la prise en compte des besoins et droits des animaux aujourd’hui, et de son engagement pour un autre modèle de société.
J’ai choisi une BD sortie récemment : La Fourrière des animaux, une réécriture contemporaine de La Ferme des animaux de George Orwell.
On y suit des animaux, dans une fourrière aux Etats-Unis, qui mènent une révolution pour améliorer leur vie et retrouver leur liberté. Les animaux cherchent à établir une démocratie, essaient de trouver un équilibre des pouvoirs, d’organiser le vote et d’écrire une constitution. Mais le récit montre finalement les limites de cette révolution. Le système finit par basculer dans l’autoritarisme, sous l’effet de l’ambition d’une minorité.
Cette BD nous pose deux questions : Qui porte la voix des animaux aujourd’hui, de leurs besoins et de leurs droits ? Et plus largement, est-ce qu’il existe une démocratie parfaite, et comment on évite de basculer dans l’autoritarisme ?
Cette bande dessinée résonne avec l’une de tes délégations, le bien-être animal.
Une des priorités de ma délégation, c’est de protéger les animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques. Dans une zone dense et urbaine comme Lille, il y a forcément un sujet de cohabitation, avec des animaux très présents. Nous devons donc organiser la coexistence.
Cela passe, par exemple, par des aménagements adaptés et parfois des lieux qui leur sont réservés, comme des abris pour la faune sauvage. Pour les animaux domestiques, cela peut passer par un accompagnement dans l’accès aux soins vétérinaires, dont le coût est l’une des premières causes d’abandon. Les animaux sont des êtres sensibles, nous devons reconnaître qu’ils ont des droits et intégrer leurs voix, leurs expériences dans le débat démocratique.
Les animaux domestiques sont aujourd’hui protégés par la loi : ils doivent être en sécurité, voir leurs besoins pris en compte, ne pas subir de maltraitance, être soignés. La société avance dans le bon sens, mais pour les animaux sauvages, il y a encore du chemin : un acte de cruauté envers un animal sauvage en liberté n’est pas puni par le Code pénal. On le voit, après cet été catastrophique, les canicules, les incendies, on leur impose sans répit l’ouverture de la chasse.
Tu nous parlais aussi du discours sur la démocratie que porte ce livre.
Bien sûr, car cette question fait écho à mon propre engagement politique. Dans ma famille, on parlait politique, il y avait du débat, du questionnement. Cela a infusé lentement, sans que l’engagement soit un objectif. Il y a eu un tournant en 2017. Avec Me Too, et une prise de conscience forte sur les enjeux écolo, j’ai eu besoin de me sentir utile. La campagne présidentielle de Benoît Hamon autour du revenu universel proposait de changer le modèle : ne plus voir le travail au centre de nos vies, mieux distribuer les richesses et réduire la pauvreté. C’est sur ce sujet, le modèle de société qu’on porte, que j’ai voulu m’engager.
Cette BD parle surtout de la fragilité de nos démocraties, un sujet on ne peut plus d’actualité. Aujourd’hui, plus qu’hier encore, la possible arrivée au pouvoir de l’extrême droite et de toute personne pouvant fragiliser nos démocraties m’inquiète. On n’est jamais à l’abri que ça bascule, mais avoir conscience du danger, c’est pouvoir le combattre.
C’est pourquoi il est important de s’engager. Et l’engagement politique n’est pas la seule forme d’engagement : syndicats, associations, soutien aux médias indépendants… L’important c’est d’agir, chacun.ne à sa façon.