Situation des unions commerciales de Lille

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus,

Le commerce lillois, qu’il soit sédentaire ou non sédentaire, traverse une période de mutations profondes et de défis majeurs. Ces défis appellent à des actions volontaristes de la municipalité pour préserver la vitalité commerciale, économique et même sociale de notre ville.

Si Lille n’échappe pas à la tendance nationale d’une vacance commerciale en hausse, elle est chez nous globale, effective tant en centre-ville que dans les quartiers. Elle est liée, plus qu’ailleurs à la pression des loyers, à la concurrence de la distribution industrielle et à l’essor du commerce des plateformes transnationales. Il en résulte une véritable menace pour la diversité et la qualité de notre tissu commercial. L’uniformisation de l’offre, tant dans le secteur manufacturé, que dans la restauration et même les services réduisant inexorablement l’attractivité de nos rues.

Les commerçants indépendants, en première ligne, piliers de la vie de quartier, subissent de plein fouet ces mutations. Leur modèle, fondé sur la relation de proximité et la qualité de service, est mis à mal par un environnement commercial globalisé, une réglementation parfois complexe et des charges fixes de plus en plus difficiles à absorber.

Comme si cela ne suffisait pas à cela s’ajoute des difficultés plus spécifiquement lilloises. Les unions commerciales, qui jouent un rôle clé dans l’animation et la défense du commerce de proximité indépendant, rencontrent des difficultés croissantes. Malgré l’investissement de leurs membres, il devient difficile de trouver les bénévoles prêts à endosser des responsabilités, tant il est compliqué d’organiser une simple manifestation et ce malgré l’aide du service de l’action économique ou des halles et marchés. Couplé aux difficultés de trésorerie cela va, pour certaines, jusqu’à la disparition pure et simple. Cette situation affaiblit la représentation collective des commerçants et nuit au dialogue avec la ville.

Souvenons-nous qu’Il y a quelques années, nous assistions à la disparition du Groupement des acteurs économiques de Lille centre, le GAEL, pourtant fort de 250 adhérents. Et aujourd’hui, il est temps de revoir le modèle de la Fédération lilloise du commerce, de l’artisanat et des services. S’il tente de fédérer et s’appuie sur plusieurs unions commerciales encore solide, son modèle économique dépend largement de l’organisation du Village de Noël, un événement certes emblématique, mais dont la pérennité et la rentabilité ne peuvent suffire à financer l’ensemble de ses missions. Alors qu’aujourd’hui même, la fédération se trouve dans une phase organisationnelle compliqué, qui se traduit notamment par une irrégularité de la tenue des assemblées générales, mais aussi des difficultés dans ses ressources humaines. Il est sans doute, urgent de repenser son modèle.

Face à ces constats, la question d’une restructuration des unions commerciales se pose avec acuité. Ces remarques plaident sans doute en faveur d’une union/fédération en lien direct avec les commerçants couvrant l’ensemble du territoire lillois. Mais tout en maintenant la reconnaissance des unions commerciales de quartier qui continuent avec un fonctionnement efficace

Une fédération, forte d’unions commerciales de quartier solides, qui offrirait dans le même temps la possibilité d’une adhésion en direct, permettrait de gagner en efficacité et représentativité. Auprès des institutions régionales et métropolitaines, mais aussi gagnerait en force auprès des bailleurs et des grandes foncières immobilières pour défendre plus efficacement l’intérêt et le besoin de commerce, par sa force de mutualisation

Une fédération forte garantirait une équité territoriale, en évitant que certains quartiers, certaines rues ne soient laissées pour compte faute de moyens ou d’engagement local.

Une fédération forte aux côtés d’unions commerciales de quartier solides et la volonté de la ville permettrait de relancer les projets oubliés de ce mandat :

  • Accompagner les commerçants vers la notoriété numérique.
  • Apporter le soutien aux opérations tel que « ma boutique à l’essai ».
  • Requalifier les rues commerçantes Gambetta, Pierre Legrand et autres pôles commerciaux.
  • Bien sûr travailler à la réalisation d’une foncière de revitalisation commerciale
  • Et répondre à la question : Où en est-on, à Lille de l’opération objectif centralité dont trop de commerçants lillois ignorent même l’existence ?

J’éviterai de revenir sur les dysfonctionnements de la régie des marchés, toujours d’actualité et dont j’ai eu l’occasion de souligner le sous-effectif notoire lors de mon intervention en Conseil d’avril 2024.

Il est temps que la ville se ressaisisse, redonne des moyens avant que le commerce lillois ne parte en dérapage, que la municipalité prenne à bras-le-corps les décisions et les initiatives qui nous permettront de sortir de cette situation. De même que trop de marchés lillois ont disparus, trop de rues ont vu leur dernier commerce mourir.

Car l’enjeu n’est pas seulement économique et social, il est aussi culturel : c’est l’âme de nos quartiers et la vitalité de nos rues, de notre ville qui sont en jeu.

Je vous remercie.